Vikings d’Ecosse, tome 1/3

Romance historique — Orcades — 1ère édition septembre 2016 — Traduction en italien en 2019 — Disponible en numérique, format poche épuisé.

  • Résumé
  • Tu l’as lu ?
  • Paroles de lecteurs
  • Mon petit mot
  • Prologue
  • Traduction
L'honneur d'une Viking romance historique Anna Lyra

Résumé :

Îles des Orcades, IXe siècle
Dans la chambre austère où elle se remet doucement de ses blessures, Inga couve une sombre colère. Comment son frère d’armes a-t-il pu s’en prendre à elle en pleine expédition ? Bien sûr, en tant que guerrière et fille illégitime du yarl, le chef viking, elle a toujours été la cible d’une certaine hostilité au sein du clan. Mais rien ne l’avait préparée à une telle trahison ! Laissée pour morte dans un monastère ennemi, elle a été miraculeusement recueillie par un Picte vivant parmi les moines. Un homme solitaire et ombrageux, étrangement intrigant, qui tient à présent sa vie entre ses mains. Inga ignore ce qu’il compte faire d’elle, mais une chose est sûre : dès qu’elle sera rétablie, elle trouvera un moyen de s’enfuir pour rejoindre son clan. Alors, elle réclamera justice !
 
Dans le décor fascinant des colonies vikings du IXe siècle, Anna Lyra tisse une passion intense et subtile entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

AnnA LyrA

Tu l’as lu ?

Si toi aussi tu as lu ce roman, n’hésite pas à laisser ton avis sur Amazon – ainsi que sur les plateformes de lecture (de type Babelio, Livraddict, etc.) si le cœur t’en dit ! C’est ton avis qui oriente les futurs lecteurs et lectrices, et qui contribue à faire connaître le roman. D’avance, je t’en remercie !

AnnA LyrA

Paroles de lecteurs

J’ai aimé la construction de cette romance peu commune pour moi, j’ai aimé découvrir les coutumes des Vikings, mais aussi celles des Pictes, j’ai adoré voyager avec Inga et Tarran dans leur périple. Ce que je retiens de cette histoire, c’est la découverte d’un nouveau genre, d’une femme qui est l’égale de l’homme, d’un homme à l’allure de guerrier, mais qui cache une fragilité émouvante.

Emilie

Ici, les rôles sont renversés : c’est Inga qui a le premier rôle, Taran ne fait que la seconder, dans son voyage et dans sa vengeance. Il la respecte pour ce qu’elle est, et l’aime assez pour comprendre son besoin de laver son honneur.
L’époque est bien retranscrite (on voit que l’auteur est historienne), réaliste, l’écriture fluide et prenante, confirmant mon impression qu’il s’agit d’une auteur à suivre.

Lune d’Argent

Difficile à classer, cet ouvrage est en définitive un excellent livre d’aventure. L’aspect historique est parfaitement documenté et les croyances et mentalités bien restituées. La romance est finalement secondaire, mais finement traitée. Soulignons la très belle plume de cette auteure.

Atwis

Un récit bien mené, qui du début à la fin nous entraîne dans le sillage de héros hors du commun. Bien documentée, et très inspirée, cette histoire est emballante au possible ! Un excellent roman de fiction historique, comme on aimerait en découvrir plus souvent… Une écrivaine, une vraie !

Gin et Dan
AnnA LyrA

Mon petit mot

Cette romance a une histoire, car j’en ai eu l’idée pendant mon propre voyage dans les Orcades, en 2015. C’est lors d’une balade sur le Brough of Birsay que le vent marin m’a soufflé l’histoire d’Inga, guerrière au bouclier recueillie dans un monastère picte…

AnnA LyrA

Prologue

L’an 827, au sud de l’archipel des Shetland.

Tel un fanal céleste, le soleil perça enfin les nuages alors que la tête de la procession parvenait au sommet de la colline. Le crépuscule était encore loin, pourtant l’île tout entière se trouvait prématurément plongée dans la pénombre par d’épaisses nuées, qui se déchiraient et s’entremêlaient sans cesse au-dessus du paysage désolé. Ce ballet silencieux fascinait. Hypnotisait. Les dieux semblaient se livrer à un mystérieux combat décisif dans les hauteurs de l’éther.

Le vent était froid, glacial même, mais l’or de ces rayons obliques transperçant soudainement les cieux réchauffa le cœur d’Inga.

Depuis quatre jours, elle n’avait pas prononcé un mot.

Ni pleuré, d’ailleurs. D’après les croyances de son peuple, les larmes n’étaient pas bonnes pour les morts : elles les enchaînaient au monde des vivants, les empêchaient de rejoindre le royaume de Hel, le Helheim aux brumes éternelles. Elles les emprisonnaient à jamais entre deux mondes.

Pour cette raison, Inga ne pleurerait pas. Même si l’effort lui coûtait parfois une grimace ou un haut-le-cœur… Elle puisait de la force dans la haute et fière silhouette de son père, Gudmund, le yarl, dont le crâne rasé dominait la plupart des hommes du clan de Barn.

Barn, l’Enfant. L’ancêtre de ses ancêtres, celui qui fut l’élu de Thor des siècles plus tôt. La légende prétendait que ce petit orphelin avait grandi dans la forêt tel un sauvageon, avant de partir à la rencontre des hommes et de leur mode de vie ; en ce temps-là, un yarl puissant et cruel régnait, mais Barn le provoqua en combat singulier et le tua. Il avait une douzaine d’années, le même âge qu’Inga.

Elle avait toujours aimé cette vieille histoire, qu’on lui racontait autrefois durant les longues soirées d’hiver, quand le monde lui paraissait simple, inoffensif… Une boule traîtresse se forma dans sa gorge et elle serra les poings pour ne pas faiblir.

Non, Inga ne pleurerait pas.

Elle aiderait sa mère à quitter ce monde correctement, car tel était son rôle aujourd’hui. Tel était leur rôle à tous : accompagner Elma la Douce pour son dernier voyage.

Elle inspira une grande goulée d’air marin et baissa la tête sur le sentier, à peine visible dans la végétation rase. Ils avaient parcouru une grande distance depuis le village pour donner une sépulture à Elma. En contrebas, un loch aux eaux sombres, puis l’infini désespérément vide de l’océan. Le brouillard nappait les eaux, créant une masse grise indéterminée dans laquelle l’île semblait flotter… L’espace d’un instant, Inga prit peur. Elle craignit de se trouver prisonnière d’un monde suspendu dans cette matière floconneuse, un univers sans dieux où il n’y avait plus ni vie, ni mort.

Elle se ressaisit bien vite. Les rayons du soleil étaient toujours là, vifs et perçants comme des flèches, et quelque part à l’ouest, invisibles, les îles Føroyar constituaient l’ultime terre habitée. Au-delà, il n’y avait que l’océan, son courroux meurtrier et ses monstres redoutables…

Ici, en revanche, il n’y avait rien de surnaturel. Simplement son île, son clan, les funérailles de sa mère.

Inga se concentra sur ses foulées régulières, sur son souffle profond. Elle ferma ses oreilles aux conversations murmurées dans son dos. On parlait sans doute d’elle, mieux valait qu’elle n’entende pas. Comme toujours.

Enfin, le cortège s’arrêta.

Les roues du chariot cessèrent brusquement de grincer et un lourd silence se fit. Inga afficha une sérénité qu’elle était loin d’éprouver, puis elle redressa fièrement la tête.

Pas de crémation pour Elma, car ce n’était pas une guerrière, juste une humble maîtresse de domaine aimée des siens qui aspirait à reposer auprès de la déesse Hel, dans les profondeurs de la terre. Le Helheim n’était pas supposé être un endroit paisible ou agréable, car il y faisait froid et sombre. Mais il y avait bien pire, pour un défunt : le Niflheim, encore plus profond, où les brumes d’une nuit éternelle emprisonnaient les âmes mauvaises dans un monde de solitude et de désespoir. À jamais perdues.

Un trou fraîchement creusé s’ouvrait dans le sol, près d’un tas de pierres rondes.

Dans le trou, on avait placé une barque en bois qui recevrait dans un instant le corps de la défunte et quelques offrandes. Le yarl se tenait devant le tombeau encore vide, entouré de son épouse et de son fils, Oda et Björn. Tous deux richement parés de bijoux et d’étoffes précieuses, majestueux et impassibles.

Pour l’instant, ils laissaient Inga en paix et ne lui accordaient pas un regard… L’heure n’était pas aux querelles de famille. Cela ne durerait pas, elle le savait. Si sa mère était respectée au sein du clan en tant que concubine du yarl, son demi-frère Björn lui avait toujours fait payer sa bâtardise à coups de poing ou de bâton. Elle connaissait aussi la profonde haine que lui vouait Oda. La jalousie de cette femme semblait sans limites, tout comme son orgueil.

Combien de fois Inga avait-t-elle entendu sa mère la plaindre, dans le secret de leur maisonnette ? « Oda est triste, la pauvre ne sera jamais heureuse », affirmait-elle de sa voix douce. Elma la concubine incarnait la bonté, et nombreux étaient ceux qui l’aimaient malgré ses origines étrangères.

Car avant de devenir la compagne du yarl Gudmund, Elma la Douce était une captive, ramenée sur l’île à la suite d’une attaque sur les côtes pictes. À l’époque, le clan de Barn venait de quitter son fjord d’origine pour s’installer dans l’archipel des Shetlands, encore désert et stratégiquement placé sur la route menant aux richesses des royaumes pictes. Et les premiers arrivants du clan avaient eu besoin de femmes. Parmi les jeunes filles pictes capturées par les guerriers, Elma était si belle que Gudmund l’avait aussitôt gardée pour lui. On disait qu’il l’avait passionnément aimée, et qu’elle l’avait aimé en retour…

C’était certainement la vérité, sinon l’épouse du yarl n’aurait pas éprouvé à ce point la morsure de la jalousie.

Maintenant, Inga se retrouvait seule face à sa rancune implacable. Sans famille maternelle, il ne lui restait que ce père indifférent, cette harpie d’Oda et cette brute de Björn.

Les paroles rituelles la ramenèrent à la réalité. Cette terrible réalité qu’elle fuyait si souvent, depuis quatre jours… Ce néant apparu dans son cœur. Elle avait encore du mal à admettre que sa mère ne serait plus là pour elle. Tous les habitants du village parlaient encore d’elle au présent, tous se préoccupaient de son bien-être dans sa vie future.

Elma ne quittait pas le clan, mais seulement le monde des vivants. Elle ne pouvait abandonner le clan de Barn. Elle continuait donc à exister, mais dans un univers invisible.

Ailleurs.

Ce simple mot peinait à contenir la détresse des interrogations qu’il suscitait.

Plusieurs guerriers du clan, dont certains qu’Inga connaissait bien, tels le géant Aslak et Herluf le tatoué, qui malgré son jeune âge arborait déjà de nombreux symboles bleus sur les bras, déposèrent le corps d’Elma dans la barque votive. Ivar, un adolescent dont elle appréciait secrètement les yeux bleus et le sourire ravageur, se pencha pour arranger les plis de son manteau de laine rouge.

La défunte paraissait si frêle… Si jeune, aussi.

Beaucoup trop jeune pour mourir d’une maladie fulgurante. Dès l’instant où sa mère avait été retrouvée sur le sol de sa chambre, inanimée, des rumeurs avaient commencé à enfler. C’est Inga qui avait découvert son corps figé dans une torsion de souffrance. Elle revenait alors d’une cueillette d’herbes médicinales avec Rikke, la Femme Chat : elle n’avait donc rien vu, rien entendu. La veille, sa mère planifiait encore le travail des domestiques avec son contremaître, et corrigeait une esclave maladroite. Au matin, elle était étendue sur le sol, près de son lit, sans vie.

Certains murmuraient qu’Elma la Douce n’avait jamais été malade, mais que le poison l’avait envoyée prématurément rejoindre Hel. Les murmures prenaient de l’ampleur, circulant autour des foyers, s’insinuant dans toutes les maisons, toutes les oreilles.

Inga n’avait pas encore eu le courage d’y prêter attention ni de s’en inquiéter. Toute son énergie se concentrait sur l’acceptation du départ de celle qu’elle aimait le plus au monde.

Elle chercha du réconfort en serrant le poing autour du porte-bonheur de sa mère, récupéré dans son coffret à bijou et qui, désormais, ne la quitterait plus. C’était une pierre. Un cristal translucide, gros comme un œuf de cormoran, enchâssé sur une monture en argent ornée de quatre cabochons de corail. Inga savait que ce bijou représentait pour sa mère le seul souvenir de sa terre d’origine. Elle était persuadée qu’il la protégerait.

Son regard s’attacha au corps de sa mère, soigneusement installé dans la barque. Elle portait ses vêtements de fête, ses chaussures de cuir fin ornées de perles. Son visage était couvert d’un carré de toile brodée, afin que son esprit demeure bien à l’intérieur de son corps et ne soit pas tenté de demeurer chez les vivants. Ses mains fines, croisées sur son estomac, étaient atrocement raides et ce détail manqua de faire chavirer le cœur meurtri d’Inga.

Son regard ne pouvait se détourner de ces mains, jadis si douces et habiles. Celles qui l’avaient aimée durant toutes ces années. Aujourd’hui, elles semblaient faites de bois et de pierre. Que restait-t-il, désormais, de la légendaire beauté de la captive picte dont le yarl Gudmund était tombé éperdument amoureux ?

On déposa des offrandes à ses côtés. Ses affaires de toilettes, un broc d’eau et un d’huile, ses bijoux favoris. Quelques galettes d’avoine, un morceau de porc sauvage.

Et la cérémonie fut terminée.

Inga s’autorisa un petit soupir de soulagement, car elle avait réussi à contenir les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues. Elle adressa une rapide prière à Hel afin qu’elle accueille convenablement sa mère et lui accorde une seconde vie agréable, dénuée de peine.

Les hommes rebouchèrent ensuite le tombeau sous les incantations du yarl, puis ils empilèrent les pierres rondes en deux tas, l’un à la proue de l’embarcation, l’autre à la poupe.

Le périple d’Elma pouvait commencer : elle voguait désormais vers le Helheim.

À présent, Gudmund récupèrerait ses biens et son domaine. Ou plutôt, Oda mettrait enfin la main dessus… Quant à Inga, pauvre orpheline incapable d’attirer l’attention d’un père inaccessible, il ne lui resterait plus qu’à s’installer chez qui voudrait bien d’elle.

Inga croisa le regard de Rikke, la Femme Chat, la prophétesse vivant en marge du clan mais avec qui elle avait toujours eu de bonnes relations. La völva du clan de Barn, capable d’établir des prédictions aussi précises qu’inéluctables. On disait que c’était une sorcière vivant avec des chats magiques issus des gigantesques félins de Freya, que les dieux écoutaient ses paroles et que les éléments lui obéissaient. Elle serait née à l’époque des géants. Inga n’en croyait rien, bien sûr, même si elle ressentait toujours un soupçon d’incertitude en sa présence. Somme toute, tout cela pouvait être réel.

Elle frissonna malgré elle. Si Rikke ne lui avait pas proposé de l’accompagner dans sa cueillette, ce matin-là… Elle saurait avec certitude. Peut-être même aurait-elle pu empêcher…

Ou bien aurait-elle été empoisonnée, elle aussi ?

Un éclair acéré luisait dans les yeux de la völva, qui se détourna. Elle savait. À l’évidence, elle savait que sa mère n’avait pas succombé à une mort naturelle.

En cet instant, Inga formula une promesse silencieuse. Elle jura sur la trame sacrée des Nornes, qui tissaient le destin des humains au pied de l’Arbre-Monde Yggdrasil, de venger la mort d’Elma la Douce. Elle se promit aussi d’apprendre à se défendre, à se faire respecter, afin de ne pas connaître le sort de sa mère. Elle serait une femme forte, redoutée.

Elle serait libre.

Un hurlement solitaire éclata à cet instant, quelque part dans la vallée. Il monta dans les aigus, glaçant, puis retomba lentement, et reprit sa morne litanie encore, et encore… Ce son lugubre l’envahit tout entière, la pénètra jusqu’aux os. Il n’y avait pourtant pas de loups sur l’île ! Il n’y en avait jamais eu. Quel était donc ce sortilège ?

Inga tourna la tête de gauche à droite, cherchant à lire sur le visage des autres ce qu’ils pensaient de ce prodige, mais aucun ne semblait entendre le hurlement, qui prit bientôt fin aussi soudainement qu’il avait éclaté.

La völva s’approcha, serra un instant l’épaule d’Inga de ses doigts à la force insoupçonnée, avant de s’éloigner sans un mot.

Pour la première fois depuis quatre jours, Inga sourit.

Elle n’était pas seule, en fin de compte. Elle soupçonna que la Femme Chat l’aiderait dans sa quête de vérité. Elle l’accueillerait chez elle, lui offrirait un toit et un foyer, le temps qu’il lui faudrait pour obtenir les siens. Il lui sembla aussi que ce mystérieux loup, dont elle était la seule à avoir entendu le cri, serait également son allié, d’une façon ou d’une autre. Peut-être était-ce un dieu qui lui faisait signe ?

Elle rebroussa chemin vers Jarlöff, le village du clan de Barn, emplie d’une énergie nouvelle. Elle était fille de yarl. Jamais plus elle ne laisserait quiconque la blesser, ni influer sur le cours de sa vie ! Jamais plus elle ne subirait les foudres d’Oda ou de Björn. Un jour, on la respecterait. Mieux, on la craindrait.

Elle deviendrait une skjaldmö.

Une guerrière au bouclier.

AnnA LyrA

Traduction

Pour mes lectrices italiennes, L’honneur d’une Viking a été traduit dans cette belle langue en 2019. Même s’il est épuisé dans sa version poche, il reste possible de le télécharger au format numérique.

L'onore della Vickinga Anna Lyra traduction italien